Quelque 300.000 policiers et militaires seront mobilisés pour assurer la sécurité des élections législatives qui se tiendront au Népal le 5 mars, cinq mois après les manifestations monstres des jeunes – dite la génération Z – contre la corruption, les inégalités, le manque d’opportunités, et les restrictions de libertés.


Le 8 septembre dernier, des milliers de jeunes Népalais sont descendus dans les rues de Katmandou pour protester contre des mesures autoritaires (comme la suspension des réseaux sociaux), la corruption des élites, la mauvaise gouvernance, et le chômage.
La police a ouvert le feu, faisant de nombreuses victimes. Tout est allé très vite dans un pays en proie à une sérieuse crise économique et à une intense colère populaire, alimentée par le train de vie jugé fastueux de la classe politique tandis que la plupart des habitants vivent dans la pauvreté.

Le pouvoir est tombé en 48 heures – 48 heures d’une rare violence qui ont fait 77 morts, des centaines de blessés, et qui ont vu la destruction du Parlement, de nombreux bâtiments publics, des domiciles de nombreux hommes politiques, ainsi qu’un grand nombre de commerces, incendiés par les manifestants.
Devant l’ampleur et la violence du mouvement, le Premier ministre, K.P. Sharma Oli, a été contraint de démissionner, entraînant la chute du gouvernement et la dissolution de la Chambre des représentants.

Un gouvernement intérimaire a été mis en place, dirigé par l’ancienne présidente de la Cour suprême, Sushila Karki, laquelle a été chargée d’organiser des élections législatives anticipées.
Ce sont près de 19 millions d’électeurs qui sont appelés à élire, le 5 mars 2026, les 275 membres de la chambre basse du Parlement. Contrairement aux précédentes élections, de nombreux partis traditionnels (le Nepali Congress, le CPN-UML notamment) et émergents (notamment portés par la génération Z) se disputent les sièges dans un paysage fragmenté.
Ces élections, aux multiples enjeux, sont d’une importance capitale : il s’agit en effet de rétablir la stabilité politique et la légitimité démocratique ; de répondre au mécontentement populaire, surtout celui des jeunes ; de garantir un scrutin pacifique dans un climat tendu ; et de déterminer la future coalition gouvernementale.
Le gouvernement a commencé à déployer l’armée, y compris notre Samjhana, dès le 4 février afin de garantir le bon déroulement de l’ensemble des opérations. Le climat préélectoral a en effet déjà connu des affrontements entre partisans des différents partis tandis que des régions ont été classées comme « hautement sensibles » en raison des risques de tensions intercommunautaires.
Ces élections pourraient donc faire basculer l’équilibre politique du pays.



L’EMPATHIE.





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