1. Faits marquants de l’année 2023-2024
La croissance économique s’améliore mais reste poussive, sur fond d’inflation élevée
La pandémie de COVID-19 qui a provoqué la première contraction de l’économie népalaise en près de 40 ans (-2,4 % en 2020), avec un arrêt quasi-total des secteurs du tourisme (le poumon économique du pays), des transports et de l’éducation, est à l’origine de dommages économiques durables (fermetures d’entreprises, chute des dépenses d’investissement, déficits d’apprentissage et d’instruction, etc.) qui plombent les perspectives d’emploi dans le pays.
Depuis la fin des confinements, le Népal s’est engagé dans la difficile voie du redressement économique. Une reprise poussive du tourisme et de l’hôtellerie en 2022 a nourri un petit rebond économique (+1,9 %) au cours de l’année fiscale 2023. 2024 devrait voir une progression de l’activité économique, sous l’effet d’une croissance soutenue des flux touristiques et d’un léger rebond de la consommation privée – pierre angulaire de la demande intérieure agrégée (86 % du PIB) – dans un contexte de flux records (22 % du PIB) de transfert d’argent des immigrés à leur famille. La croissance économique est attendue entre +3,5 % et +3,9 % en 2024, ce qui reste bien en deçà de la cible de croissance de 6 % du gouvernement Népalais.

Nombreux sont les maux qui affligent aujourd’hui l’économie népalaise : croissance en deçà de son potentiel du fait de la faiblesse de la demande interne ; salaires stagnants ; inflation élevée ; incohérences et revirements brutaux des politiques publiques qui sapent la confiance des entreprises ; investissements insuffisants ; affaires et scandales de corruption dans les cercles et lieux de pouvoir ; exode croissant des jeunes vers l’étranger…
Emboîtant le pas à leurs ainés, nos jeunes ne semblent aujourd’hui voir de salut, une fois leurs études terminées, que dans la migration vers les pays riches.
Le Foyer d’accueil SEA au Népal
Le Foyer d’accueil SEA -le Sélina Hostel-, c’est 2 étages, un pour les filles et un pour les garçons, loués dans une grande maison de 3 étages, avec un petit jardin au rez-de-chaussée et une terrasse au dernier étage, dont SEA a la pleine jouissance. Chaque étage dispose d’une cuisine, d’une salle de bains, d’un salon et de 3 chambres (voir la vidéo publiée sur le site SEA).




Au 1er mars 2024, ce sont 8 étudiants (6 filles et 2 garçons) : Aruna, Asmita, Pratika, Rammaya, Sarita, Simran, Anand, Rajendra qui vivent dans le Home SEA sous l’encadrement de Mme Tara PARAJULI, notre fidèle responsable SEA au Népal.
A compter de mai 2024, Deepak et Sushila quitteront le petit deux-pièces que SEA leur loue pour emménager dans le Foyer SEA, portant à 10 étudiants (7 filles et 3 garçons) le nombre de jeunes y vivant.

Les 7 diplômés de l’année 2023
7 jeunes ont décroché un diplôme en 2023 : Nirdesh, Anu, Ankit, Prabin, Asmita, Pratika et Rammaya.
Nirdesh, 25 ans, a brillamment décroché son Master Scientifique en Chimie (Bac+6), après une scolarité tout aussi brillante. Il s’interroge aujourd’hui sur le bien-fondé de continuer ses études en doctorat. Il aimerait bien pouvoir faire une thèse aux États-Unis où, apparemment, les étudiants en Chimie sont demandés. Il espère pouvoir obtenir une bourse d’études doctorales d’une faculté américaine.

Anu, 24 ans, a obtenu sans difficulté son diplôme professionnel d’Assistante Médicale (3 années d’études après la classe 10, l’équivalent de notre Seconde). En dépit d’un marché de l’emploi porteur au Népal pour ce type de qualification, Anu a préféré partir à Dubaï pour y exercer comme serveuse dans un grand hôtel-restaurant compte-tenu de l’écart de rémunération existant entre le Népal et Dubaï.

Nos 5 étudiants en classe 12 (équivalent de notre Terminale) : Rammaya, Asmita, Pratika, Ankit et Prabin ont tous décroché le National Examination Board (NEB), l’équivalent du Baccalauréat français, avec de très bonnes notes, et une moyenne globale de
- 75,5 % pour Rammaya,
- 72 % pour Asmita et Pratika
- 70 % pour Ankit,
- 62,5 % pour Prabin.
Ankit, 20 ans, qui, jusqu’alors, n’avait pas manifesté grand intérêt pour ses études, a surpris tout son monde avec ses bons résultats au NEB !

Fin du parrainage SEA de 5 étudiants
Cinq étudiants ont quitté l’Association en 2023 : Nirdesh et Anu, tout naturellement puisqu’ils ont terminé leur cursus académique, mais aussi Ankit, Prabin et Sneha.
En dépit de ses bons résultats au NEB, Ankit a, comme prévu, quitté SEA une fois son diplôme en poche, pour être confié aux bons soins d’Anga[1], son cousin et ex étudiant SEA, aujourd’hui en capacité de redonner à des membres de sa famille un peu de ce qu’il a reçu de SEA.
Après avoir été parrainé par SEA de 2012 à 2023, Ankit poursuit aujourd’hui ses études à l’université en 1ère année de Bachelor in Business Studies (BBS) grâce à Anga.

De la même façon, Prabin, 18 ans, parrainé par SEA de 2010 à 2023, a été confié à sa famille qui a aujourd’hui des moyens financiers suffisants pour lui permettre de continuer ses études à l’université. Comme Ankit, il est actuellement en 1ère année de Bachelor in Business Studies (BBS).

[1]/ Parrainé par SEA de 2003 à 2021, Anga a obtenu, en 2020, son diplôme d’ingénieur en Electronique et Communication de l’Institut national de technologie Motilal Nehru d’Allahabad (MNNIT ou NIT Allahabad), figurant dans le Top 10 des meilleures écoles d’ingénieur indiennes.
Sneha, 20 ans, parrainée par SEA depuis 2007, a été invitée à quitter l’Association en raison de son manque de motivation au travail, que ce soit dans ses études, où elle empilait les notes et évaluations catastrophiques, ou dans le Home, où elle rechignait à effectuer sa part de tâches ménagères. Elle a quitté le Foyer SEA en mai 2023, une fois passés ses examens finaux de première année de Bachelor of Arts.
Ses parrains ont toutefois souhaité lui donner une dernière chance en la parrainant à titre privé. Ils ont demandé à pouvoir continuer ce parrainage via SEA pour bénéficier de ses infrastructures (supervision et remise d’argent par Mme Tara PARAJULI, transfert d’argent au NEPAL via le compte SEA). De ce fait, Sneha, par souci de commodité, reste dans les comptes SEA, mais ses parrains couvrent 100 % de ses dépenses.
Elle est aujourd’hui en 2ème année de Licence.

2. Au 1er mars 2024, SEA compte 12 filleuls, plus le parrainage allégé de Samjhana
Fin du parrainage de Suman en janvier 2024
Suman, 24 ans, va terminer en 2024 son Bachelor en Hotel Management (BHM). En octobre 2023, il s’est envolé pour le Qatar pour effectuer un stage de 6 mois nécessaire à la validation de son 8ème et dernier semestre de son Bachelor en Management Hôtelier. Il fait son stage au sein du groupe Hilton Hotels & Resorts.
Bon élève, Suman a enregistré tout au long de son cursus de 4 ans post-bac des notes comprises entre 60 % et 75 %. Son stage au Qatar est rémunéré, ce qui lui permet de s’autofinancer, et ce qui explique qu’en 2024, SEA n’aura pas besoin d’engager de dépenses pour lui.
Il est tellement apprécié par son employeur qu’il reçu, en janvier, le prix de « l’employé du mois » qui récompense un salarié pour son travail et son dévouement. En lui attribuant ce prix, son employeur a reconnu que la qualité de son travail était supérieure aux attentes. Il décrochera son Bachelor au terme de son stage mi-2024. Il espère pouvoir prolonger son stage au Hilton par un recrutement en bonne et due forme.





Samjhana réalise son rêve de toujours !
S’imposant une discipline de fer, Samjhana, 21 ans, a travaillé comme une forcenée pour décrocher le job de ses rêves. Et elle l’a décroché ! En novembre 2023, elle a pu voir son nom sur la liste des quelques « happy few » à avoir réussi le très compétitif concours de recrutement de l’Armée népalaise ! Ce fut l’euphorie à SEA – le bonheur suprême !
Elle a été recrutée sur un poste junior. Elle compte bien progresser rapidement dans la hiérarchie pour arriver à des postes séniors, notamment d’encadrement. Ses études supérieures (elle est en fin de 1ère année de Bachelor en Administration des Affaires (BBA), qu’elle compte bien continuer jusqu’à l’obtention de son diplôme (4 années universitaires après l’équivalent du Bac), l’aideront, à n’en point douter, dans son ascension sociale.

Elle a intégré l’Armée fin décembre 2023, en commençant par une formation militaire de 3 mois en vase clos, avec remise des téléphones aux responsables, de façon à permettre aux nouvelles recrues de se concentrer sur leur entrainement, en se coupant de toute interférence externe.
Il n’est pas clair que cela entraîne la fin du parrainage SEA de Samjhana. Sa formation de 3 mois (durant laquelle l’Armée a pris en charge ses besoins de nourriture et de logement) doit se prolonger par une autre formation de 6 mois, une période de 9 mois au total durant laquelle elle ne touche pas de salaire. Ce n’est qu’au terme de ces 9 mois qu’elle commencera à exercer de plein droit comme militaire et qu’elle sera alors payée.
A priori, ce parrainage continuera donc en 2024 mais de manière allégée – ce qui explique que nous ne comptons plus que 12 jeunes à notre charge complète à compter d’aujourd’hui (15 mars 2024). SEA sera également probablement amenée à donner des coups de pouce financiers jusqu’à la fin de ses études de Bachelor (échéance en 2026).
Nos 12 filleuls restants sont tous en parrainage complet

Au 1er mars 2024, les 12 parrainages SEA sont répartis comme suit
- 11 parrainages au Népal (Aruna, Asmita, Pratika, Rammaya, Sarita, Simran, Sushila, Anand, Deepak, Saroj, Rajendra), et 1 en Inde (Usha),
- 8 filles et 4 garçons,
- 11 jeunes de 18 ans et plus, et 1 de 17 ans,
- 9 universitaires, 1 lycéenne (en classe 12 ou l’équivalent de notre Terminale) et 2 collégiennes (en classe 10, soit notre Seconde).
Usha décrochera son Bachelor en Business Administration mi-2024
Partie étudier à Bangalore, en Inde, en septembre 2021, Usha, 22 ans, a entamé, en janvier 2024, son 6ème et dernier semestre de Bachelor en Administration des Affaires (BBA), son Bachelor étant un cursus en 3 ans. L’obtention du diplôme de Bachelor s’effectue par un contrôle continu (contrôles réguliers, dossiers réalisés en travaux dirigés ou en travail individuel, présentations orales et exposés) et un examen de fin d’études.

Les notes obtenues jusqu’ici par Usha relèvent de l’excellence (80 % de moyenne globale à son dernier semestre d’études). Elle passera son examen final de Bachelor en mai-juin 2024. Nul doute qu’elle décrochera son diplôme avec mention d’excellence.
Le parrainage d’Usha ne cessera pas pour autant mi-2024 dans la mesure où SEA continuera de la financer jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un emploi à sa mesure. A noter qu’une fois son Bachelor en poche, elle ambitionne de poursuivre ses études pour intégrer un MBA, idéalement aux États-Unis, ou, à défaut, au Canada ou en Australie…
Anand décrochera son Bachelor en Biotechnologies mi-2024
Comme Usha, Anand, 23 ans, passera mi-2024 ses examens de fin de son cursus de Bachelor, mais lui, au terme de 4 années d’études universitaires (le cursus le plus général) et non de 3. Il affiche également de très bons résultats, avec une belle régularité.
Il vit dans le Home SEA où il joue un rôle clé d’interface entre Tara et SEA Paris en traduisant (en anglais pour SEA Paris et en népalais pour Tara) toute la correspondance, en assistant Tara pour effectuer les reportings et les rapports en anglais, et en répondant à toutes les questions de SEA Paris.

Comme pour Usha, SEA ne considérera ce parrainage terminé que lorsqu’Anand aura trouvé un emploi en ligne avec ses compétences.
Comme tous nos étudiants en fin d’études supérieures, Anand se pose beaucoup de questions sur « l’après » au vu de l’extrême étroitesse du marché du travail formel népalais. Comme Usha et beaucoup d’autres, il rêve de décrocher une bourse d’études d’une université américaine ou australienne pour pouvoir poursuivre en Master aux États-Unis, comme Shankar et Nima l’ont fait, ou en Australie, comme Jyoti et Sarita l’ont fait.
Fin 2023, Saroj a emménagé dans un studio situé à proximité de sa faculté
Saroj, 27 ans, est en 6ème semestre de Bachelor en Génie Chimique (échéance en 2025). Après un début de cursus en fanfare, avec une note globale de 90 % à son 1er semestre de Bachelor, ses notes ont notablement baissé, jusqu’à l’amener à échouer dans deux matières (Génie Chimique Thermodynamique et Mécanique des fluides) lors de ses derniers partiels (résultats finaux de son 4ème semestre). En session de rattrapage, il a passé avec succès ces deux matières, avec, respectivement, un C+ et un B.
Un des problèmes auquel il devait faire face était la grande distance qui sépare son université du Home SEA, où il a vécu jusqu’en novembre 2023, qui lui imposait de perdre près de 4 heures par jour dans les transports.
Afin de lui donner les meilleures chances de succès dans ses études, SEA a accepté de lui louer un studio situé tout près de son université, de façon à ce qu’il puisse consacrer plus de temps à potasser ses cours. Il a emménagé dans son studio en décembre 2023. A noter que le studio peut être également utilisé par Anand et Deepak aussi souvent que de besoin.

Deepak et Sushila vont emménager dans le Home en mai
Deepak, 25 ans, et Sushila, 22 ans, sont frère et sœur, et orphelins de père et mère. Depuis 2020, SEA leur loue un petit deux-pièces à proximité immédiate du collège de Sushila (Khagendra Secondary School).
Sushila, en effet, se déplace avec grande difficulté, ayant souffert dans son enfance d’une tuberculose osseuse non soignée qui l’a laissée lourdement handicapée. Son corps a envoyé de sérieux signaux d’alerte l’année dernière et notamment une gêne respiratoire de plus en plus prononcées assortie d’une grande fatigue. Au point qu’il avait été question de la retirer du collège pour qu’elle puisse profiter au maximum de la vie.
Sushila s’y est farouchement opposée. Pour elle, la poursuite de ses études revêt une importance presque vitale. D’autant que son père lui avait toujours dénié le droit d’étudier.
Elle est aujourd’hui en classe 10 (l’équivalent de notre Seconde). Ses notes sont moyennes, en partie le fruit d’une scolarité démarrée très tardivement, en 2014 seulement (à l’âge de 12 ans), lors de sa prise en charge par SEA, d’où un important retard à rattraper. Sa santé fragile n’aide évidemment pas.

Comme Saroj, Deepak est en 6ème semestre de Bachelor (échéance en 2025) mais lui, en Biotechnologie, comme Anand. Deepak est un étudiant brillant. A ses derniers partiels, il a obtenu une note globale de 75%, et ce, malgré les quelque 5 heures de transport par jour qu’il doit effectuer pour pouvoir suivre ses cours à l’université. Il accepte ce temps de trajet disproportionné pour pouvoir s’occuper de sa sœur, qui ne peut pas vivre seule du fait de son handicap.

En avril, Sushila passera le SEE (Secondary Examination Education), l’examen qui clôture la classe 10. Elle ne pourra pas continuer ses études dans son collège, qui n’enseigne pas au-delà de la classe 10.
Ce sera donc l’occasion pour elle, comme pour Deepak, de revenir vivre dans le Foyer SEA. Ce qui économisera à SEA le loyer de leur deux-pièces et les coûts de transport disproportionnés de Deepak.
Sushila n’est pas encore fixée sur ce qu’elle souhaiterait faire par la suite. Au vu de son âge, il sera probablement préférable qu’elle suive une formation professionnelle. Ses résultats au SEE influenceront le choix de son orientation ultérieure.
Rajindra poursuit son beau parcours académique
Rajindra, 22 ans, est en 4ème semestre de Bachelor en Gestion de l’Information (BIM) (cursus en 4 ans), et il accumule les excellentes notes (80 % à son dernier semestre, 79,6 % au précédent), fruit d’une détermination sans faille et d’une grande force de travail.
Dans le Foyer d’accueil SEA, Rajindra reste l’élément modèle qu’il a toujours été – toujours prompt à aider Tara, à seconder les autres si besoin, à promener les chiens, et, évidemment, à travailler ses cours.
Rajindra est le grand frère de Sarita, la benjamine de SEA (voir plus loin). Ils sont six enfants dans cette famille (trois garçons et trois filles dont Rajindra et Sarita).
Leur mère est décédée avant d’avoir pu atteindre l’âge de 30 ans ; leur père est un paysan pauvre, sans terre, aujourd’hui trop âgé pour pouvoir travailler.

Simran s’épanouit dans son domaine de spécialisation
Simran, 21 ans, vient de commencer son troisième semestre de Bachelor of Arts (Spécialisation en Social Work). Elle qui se destinait à être infirmière mais qui n’avait malheureusement pas le niveau requis en maths, ne regrette absolument pas son changement d’orientation.
Toutes les matières étant nouvelles pour elle[1], les notes qu’elle a obtenues au 1er semestre de son Bachelor ne furent pas fantastiques : une moyenne de 58,6 % (mais en arrivant quand même 6ème de sa classe qui compte 18 étudiants) et une matière (Social Psychology) à repasser – ce qu’elle a fait avec succès. Les résultats du second semestre ne sont pas encore connus.
Pour ce qui est des débouchés professionnels, le Bachelor qu’elle suit ouvre la voie à plusieurs possibilités de postes dans le domaine social notamment au sein d’organisations non gouvernementales (ONG), qui sont nombreuses au Népal et qui l’intéresseraient beaucoup.

[1]/ Se destinant à des études d’infirmière, Simran avait auparavant suivi un cursus scientifique.
Le Club des Trois à l’assaut de l’université !
Après avoir brillamment réussi le National Examinations Board – NEB (l’équivalent du Baccalauréat français) l’année dernière (voir ci-dessus), notre trio d’inséparables, à savoir Asmita, 20 ans, Pratika, 18 ans, et Rammaya, 18 ans, se sont lancées dans les études supérieures avec délectation.
Toutes les trois ont opté pour un Bachelor en Hotel Management (BHM) à Quest University (l’université où Suman a étudié).

Pratika a longuement hésité, car son rêve, c’était de se spécialiser en Licence professionnelle filière Multimédia (Animation / Numérique) & Graphisme. Le pragmatisme l’a toutefois finalement emporté, les débouchés dans l’Hôtellerie au Népal étant incomparablement plus importants que ceux dans le Multimédia.

Leurs résultats à leur premier partiel ont été à la hauteur de leur investissement dans leurs études :
- 83 % pour Asmita (avec deux 18/20, en Food Production & Pâtisserie et en Accommodations Operations) ;
- 82 % pour Pratika (avec un 19/20 en Business Communication for Hospitality Industry et un 18/20 en Food & Beverage Service) ;
- 76 % pour Rammaya (avec un 17/20 en Food & Beverage Service).
Cela augure bien pour la suite !

Aruna s’apprête à passer le baccalauréat
Aruna, 19 ans, est en classe 12 (l’équivalent de notre Terminale), en option Management. Elle a toujours été une bonne élève. Pour autant, ses résultats scolaires restent, de l’avis de tous ses professeurs, bien en dessous de ses capacités.
Ainsi, elle semble abonnée avec la régularité d’un métronome à une moyenne générale de 61% (soit un C+) qu’elle a eue au Secondary Education Examination (SEE) à la fin de sa classe 10, qu’elle a encore eue à la fin de sa classe 11, et encore lors de ses examens du premier trimestre de sa classe 12 ! Espoir : elle a décroché 63 % de moyenne à ses derniers partiels !
Ses professeurs disent d’elle qu’elle est disciplinée en classe et très intelligente. Gageons qu’elle n’a pas dit son dernier mot en matière de notes ! Une fois son Bac en poche, elle ambitionne de suivre un Bachelor en Hotel Management (BHM) comme le Club des Trois.

Sarita, la benjamine de SEA
Sarita, 17 ans, est en classe 10 (l’équivalent de notre Seconde). Elle est scolarisée à Pragya School, qui se trouve à 5 minutes à pied du Home.
A la différence de son grand frère, Rajindra, elle affiche des résultats scolaires médiocres et ne fait pas montre d’une grande implication dans ses études. Il n’est u’à voir le commentaire (récurrent) de son Lycée lors de ses derniers examens (où elle a réussi à décrocher un 53,6 % de moyenne globale, avec un 37,5 % en maths) : « Lazy, careless with her studies, has the potential to do better ».
Une fois qu’elle aura passé, le mois prochain, le Secondary Education Examination (SEE) qui sanctionne la fin des études secondaires, SEA l’orientera vers une éducation professionnelle de trois ans débouchant sur un diplôme professionnel supérieur d’assistante médicale, par exemple, ou d’aide-soignante. Ces diplômes sont en effet très prisés sur le marché du travail népalais, et ne laissent quasiment aucun de leurs titulaires au chômage.

3. Aide exceptionnelle au bénéfice de 2 de nos ex-étudiants
Nima s’est envolé au États-Unis le 13 mars pour y étudier en Master
Nima, 27 ans, a été parrainé de 2002 à 2021. En 2022, il a décroché son diplôme d’ingénieur en informatique de l’Orchid International College (OIC), affilié à Tribhuvan University, au Népal. Il a été financièrement indépendant dès octobre 2021, car son stage de fin d’études qu’il a effectué auprès d’un groupe de Cyber sécurité US était rémunéré et son salaire était (juste) suffisant pour couvrir ses dépenses.
En mars 2022, une fois son stage terminé et son diplôme en poche, il a été recruté par une Société de Services et d’Ingénierie en Informatique (SSII) dans son Département Informatique. Les débuts dans l’entreprise ont été enthousiasmants même si le salaire (17.000 roupies par mois) était à peine suffisant pour vivre compte-tenu du coût de toutes choses du fait de l’inflation qui explosait dans l’entièreté des secteurs de l’économie.
Après quelques mois dans son poste, il est apparu cependant que la société était aux prises avec de graves difficultés financières dans le contexte de l’après-Covid, qui voyait les défaillances d’entreprises continuer de se multiplier. Et la société a commencé à tailler ses effectifs à la hache, pour ne garder quasiment que son Département Informatique. En avril 2023, Nima a fini par démissionner : les perspectives de revalorisation salariales étaient inexistantes et l’ambiance au travail était devenue délétère dans un environnement toujours marqué par les sévères dommages économiques qui ont découlé de la pandémie.

Nima a, par la suite, vécu de petits boulots et de cours particuliers en maths et sciences donnés à des étudiants à leurs domiciles. En quête d’un emploi, il a envoyé une foultitude de CV, au Népal, en Australie, au Canada, et aux États-Unis, mais sans succès.
Comme quasiment toute sa génération, il ne se voit aucun avenir au Népal.
Souhaitant poursuivre ses études au-delà du Bachelor, mais ni au Népal ni en Inde (options qui lui avaient été proposées par SEA), il a déposé des dossiers de candidature dans plusieurs universités américaines pour y étudier en Master.
Si SEA ne finance pas l’entièreté des études dans des pays riches (USA, Australie, Europe, etc.), compte-tenu de leurs coûts, l’Association peut aider financièrement au cas par cas si l’aide reste « raisonnable ».

Nima s’est envolé pour les États-Unis le 13 mars 2024 pour suivre un Master en Sciences Informatiques avec spécialisation en Cybersécurité et Intelligence Artificielle à l’Université Webster, à St. Louis, dans le Missouri.
Pour être en mesure de réaliser son projet, il a obtenu une bourse d’études de son université qui réduit de 15 % ses frais universitaires, un prêt de 10 000 US$ (assorti d’un généreux taux d’intérêt) contracté auprès de parents éloignés qu’il n’avait pas vus depuis plus de vingt ans et avec lesquels il a renoué pour l’occasion grâce à son oncle, et une aide financière de SEA..
Durant les tous premiers mois de son séjour aux USA, il va vivre sur le campus de sa faculté. Il espère pouvoir rapidement emménager dans une colocation grâce aux connaissances qu’il aura faites à l’université. Il va chercher également activement un emploi à temps partiel de façon à pouvoir conjuguer études et indépendance financière.

où vit Nima

Rajindra sénior traverse une passe difficile
Rajendra, 31 ans, parrainé par SEA de 1997 à 2017, a obtenu en 2017 son Bachelor of Business Administration (BBA), spécialisation en Tourism and Travel Management, de la CHRIST University à Bangalore, Inde. Une fois son diplôme de Bachelor en poche, il est resté vivre à Bangalore.
Après avoir exercé plusieurs métiers (consultant en informatique, entrepreneur, etc.), il a fondé avec sa femme, Sangita, épousée en 2019, une entreprise familiale de livraison de plats cuisinés à la maison : à elle, la cuisine ; à lui, la livraison des plats mitonnés par Sangita au domicile des clients. En février 2022, leur fils, Samson, est né, et Sangita a dû se mettre en retrait de l’entreprise pour s’occuper de Samson.

Rajindra a alors recruté un cuisinier mais qui s’est avéré incompétent. Dans le même temps, l’inflation, notamment sur les prix alimentaires, a explosé. Le chiffre d’affaires s’est tassé, pour se contracter fortement durant les derniers mois de 2023, surtout lors des festivals hindous qui se sont traduits par une forte baisse de la population à Bangalore.
Pris en étau entre l’envolée des prix alimentaires, un loyer trop élevé et un chiffre d’affaires en forte baisse, Rajindra, la mort dans l’âme, a finalement dû se résoudre à fermer sa belle société. Mais, entre-temps, il s’était considérablement endetté pour tenter de la maintenir à flot.
Il a rapidement trouvé un emploi dans le secteur bancaire. Il travaille aujourd’hui comme agent de prêt bancaire pour un Agent de Vente Directe (Direct Selling Agent or DSA)[1]. Mais ses créanciers l’assiègent, et son salaire est tout juste suffisant pour payer ses dettes.
Ils sont cependant trois, dorénavant, à vivre sur son salaire dont la totalité ne peut évidemment pas être allouée au remboursement de ses dettes. Le stress était tel que, début mars, il a fait une crise d’angoisse aiguë nécessitant une hospitalisation immédiate. Pour alléger les pressions auxquelles il était soumis, SEA lui a apporté une aide financière.



[1]/ Les DSAs agissent comme un pont entre un emprunteur et une banque, afin de garantir une transaction fluide pour la banque, comme pour l’emprunteur.
4. Rappel sur les missions de l’Association
L’Association a pour vocation de prendre en charge des enfants d’Asie, parmi les plus défavorisés, au travers de programmes d’aide et de parrainage qui leur assurent, jusqu’à leur complète autonomie, soins, hébergement, alimentation, et éducation de qualité. Ces programmes ont commencé en 1991, sur une base individuelle, et en juin 1996, Solidarité Enfance Asie (SEA) a été officiellement créée à Paris comme Association de la loi de 1901. SEA est une Association à but non lucratif et non religieux.



Parrainage complet et parrainage scolaire
Les programmes SEA revêtent deux formes principales :
– Parrainage complet, c’est-à-dire une prise en charge intégrale (scolarisation, hébergement, nourriture, soins médicaux, etc.) d’un enfant jusqu’à la fin de son cursus scolaire. Le parrainage complet (formule la plus coûteuse puisque toutes les dépenses de l’enfant sont financées par l’Association) n’est mis en place que pour les enfants absolument sans ressources (orphelins, enfants des rues ou enfants issus de familles totalement indigentes).
– Parrainage scolaire, c’est-à-dire le financement de la scolarité et des fournitures scolaires d’un enfant. Les parrainages scolaires s’adressent à des enfants pauvres mais dont la famille a suffisamment de ressources pour subvenir à leurs besoins les plus essentiels (hébergement, alimentation).
Les enfants parrainés sont « normalement » pris en charge par SEA jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur diplôme de fin d’études secondaires, le NEB (National Examinations Board à la fin de la classe 12), l’équivalent au Baccalauréat en France.
Il arrive cependant :
– Qu’un enfant soit incapable ou non désireux d’étudier jusqu’à la classe 12, auquel cas il est orienté par SEA vers une formation professionnelle à la fin de la classe 10.
– Que les familles recouvrent une certaine santé financière au fil du temps, auquel cas le parrainage cesse ou le soutien accordé par SEA se fait moins prégnant, selon la situation financière de la famille.
Quels que soient les résultats scolaires des enfants (bons ou mauvais), SEA s’efforce de poursuivre son aide jusqu’à la classe 12 ou équivalent, sauf à ce que la situation des parents leur permette de financer la scolarité de leur enfant.
Une fois le NEB obtenu, la poursuite du parrainage dépend 1) des résultats académiques de l’élève, et 2) de la capacité de financement de SEA.
SEA finance les études supérieures, ce qui la distingue de quasiment toutes les autres ONG. Les études supérieures ne sont toutefois financées qu’au Népal et en Inde.
La gestion de SEA au Népal et en Inde
La gestion de SEA au Népal (séniors au foyer et mineurs en pensionnat) est assuré par une personne employée à temps-plein, avec l’aide et la contribution des séniors :
Mme Tara Parajuli est responsable de la comptabilité au Népal et de la bonne marche du projet SEA et du Foyer, où elle vit.
Anand assiste Tara pour effectuer les reportings en anglais à SEA Paris et répondre à toutes les questions du Bureau SEA.
En Inde, les séniors s’autogèrent et font un reporting à Paris de leurs dépenses et comptes bancaires.

Pas de frais généraux
SEA n’a pas de frais généraux : 100 % des ressources de l’Association sont allouées au financement des dépenses directement afférentes aux enfants au Népal (frais de pensionnat, nourriture, habillement, frais scolaires, frais médicaux, loyer et salaires).
Le Conseil d’Administration de SEA dirige les opérations de l’Association (grâce à des visites régulières sur place, une communication par e-mail continue et des appels téléphoniques fréquents), administre les ressources financières de SEA, prépare les demandes de dons auprès des fondations et entreprises, et organise ponctuellement des actions de collecte de fonds.
Tous les membres du Conseil d’Administration de SEA sont bénévoles et financent eux-mêmes la totalité des dépenses qu’ils encourent pour gérer l’Association. Plusieurs membres du Conseil d’Administration vont régulièrement au Népal, à leurs propres frais, pour s’assurer de la bonne marche du projet sur place.
Notes complémentaires
- SEA a un statut d’Association de la loi de 1901—d’où des avantages fiscaux en France (réduction de l’impôt sur le revenu d’un montant égal à 66 % du don).
- Les statuts de SEA sont disponibles sur demande.




Merci Marie-Hélène pour les rapports et tout le boulot accompli ! Bises,
Marie ________________________________